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Achille

Acte I


Scène I, Scène II, Scène III, Scène IV, Scène V

Scène 1 : Briséis, Lydie.

LYDIE
Nous vous revoyons donc, heureuse Briséis!
L'injuste Agamemnon, pour venger son pays
Vous rendant au héros à qui vous sûtes plaire,
Croit que vous fléchirez d'un seul mot sa colère.

BRISÉIS
Moi! le vouloir fléchir!  Lydie, y pensez-vous?
Moi, troubler le repos qu'il doit à son courroux!
Il a quitté par là l'intérêt des Atrides,
Par là laissé de Mars les fureurs homicides;
Et lorsque, seul en paix, il voit même les dieux
En mortels attaquer et défendre ces lieux,
J'irai de leurs débats le rendre la victime!
Il servira les Grecs qui souffrent qu'on l'opprime!
Non, Lydie; épargnons des jours si précieux.
Agamemnon m'a fait enlever à ses yeux :
Qui du camp s'en est plaint?  On s'est tu; ce silence,
Si Briséis est crue, aura sa récompense.

LYDIE
Achille le jura dès votre enlèvement.

BRISÉIS
C'est à moi d'avoir soin qu'il tienne son serment.
Le sort ne m'aura point contre lui pour complice
Contentons-nous qu'Ajax, Phoenix, avec Ulysse,
Députés par les Grecs, implorent son secours;
Nous-mêmes n'allons pas précipiter ses jours.
Vous savez quel destin l'attend sur ces rivages.

LYDIE
Je ne m'arrête point à tous ces vains présages;
On les rendra menteurs par quelque prompt départ.
Les Grecs sont-ils point las d'assiéger ce rempart?
Quand se proposent-ils de revoir leur patrie?

BRISÉIS
Je ne sais; et ces soins n'ont occupé ma vie
Que pour le prince seul qui fait mon souvenir.
Des soucis de l'État c'est trop s'entretenir;
Ne songeons qu'à nos voeux.  Que fait, que dit Achille?
Lorsque j'étais absente, a-t-il été tranquille?
Vous parlait-il de moi? que vous en a-t-il dit?
Me puis-je flatter d'être encore en son esprit?
Et Patrocle?  Sans doute il est toujours fidèle.
Je vous trouve, du moins, toujours charmante et belle.

LYDIE
Que ce soit mon mérite ou la faveur des Cieux,
Patrocle jusqu'ici me voit des mêmes yeux;
L'hymen serait déjà garant de sa constance;
Mais, comme Achille doit y joindre sa présence,
A son retour en Grèce il veut qu'il soit remis.
Admirez qu'en amants changeant nos ennemis,
L'un et l'autre a changé son esclave en maîtresse.
Vous et moi nous étions le butin de la Grèce.
Le partage étant fait, l'un et l'autre vainqueur
S'en vint mettre à nos pieds sa fortune et son cœur;
Achille vous aima; Patrocle aima Lydie.

BRISÉIS
J'ai sujet en un point de vous porter envie;
Vous possédez entier le cœur de votre amant;
Achille est occupé de son ressentiment;
Sa gloire et sa grandeur sont encor mes rivales.
Tant que nous le verrons sur ces rives fatales,
Je craindrai pour ses jours.  Vous voyez qu'au danger,
En me rendant à lui, l'on veut le rengager.
Que les enfants des dieux vendent cher aux mortelles
L'honneur de quelques soins, bien souvent peu fidèles !
Souvent il vaudrait mieux qu'un cœur de moindre prix
De nos frêles beautés se rencontrât épris
On le posséderait entier et sans alarmes;
Au lieu que je crains tout, tantôt l'effort des armes,
Tantôt mon peu d'attraits, tantôt l'ambition;
Et l'on n'est point d'un roi toute la passion.

LYDIE
Vous l'êtes de celui qui joint, par sa naissance,
Au sang qu'il tient des dieux la suprême puissance.
S'il se venge et s'il veut exercer son courroux,
Le seul motif en est l'amour qu'il a pour vous.
De votre enlèvement il poursuit la vengeance.
Il eût dissimulé peut-être une autre offense
Mais, ne vous ayant plus, aussitôt il fit voir
Qu'en vous seule il faisait consister son devoir,
Qu'il vous sacrifiait l'intérêt de la Grèce,
Qu'enfin la gloire était moins que vous sa maîtresse.

BRISÉIS
Je l'avoue, et je crains peut-être sans sujet;
Mais qui pourrait avoir un cœur moins inquiet?

LYDIE
Vous, si vous vous savez connaître un peu vous-même
Vos voeux sont soutenus d'un mérite suprême.
Si vous savez donner à ces biens tout leur prix,
Votre amant vous devra, quoique fils de Thétis.
Nous descendons de rois : notre sang nous rend dignes
De l'hymen des héros même les plus insignes.
Je n'ai point oublié ce sang : imitez-moi;
Croyez qu'un demi-dieu vous peut garder sa foi
Il me l'a confirmé cent fois en votre absence.

Scène II : Achille, Briséis, Lydie.

ACHILLE, à Lydie.
Je le viens confirmer encore en sa présence.

BRISÉIS
On vous croyait, Seigneur, par Ulysse occupé.

ACHILLE
Pour vous voir un moment je me suis échappé.

LYDIE
Je le vais arrêter, et veux que mon adresse
Vous donne le loisir de voir votre princesse.

Scène III : Achille, Briséis.

ACHILLE
Oui, Madame, je prends tous les dieux pour témoins
Que vous seule avez fait mes pensers et mes soins.
Je sais mal employer l'ordinaire langage
Des douceurs qu'à l'amour on donne en apanage;
Mais croyez, au défaut d'un entretien flatteur,
Que ma bouche en dit moins qu'il n'en est dans mon coeur.

BRISÉIS
Vous en dites assez, Seigneur; je suis contente,
Et n'osais me flatter d'une si douce attente.
Car que suis-je? les Grecs m'ont ravi mes états
Il ne m'est plus resté que de faibles appas.
Ai-je droit de prétendre, esclave et malheureuse,
Que, d'une ardeur constante autant que généreuse,
Un prince tel que vous daigne me consoler,
Et qu'au titre d'épouse il veuille m'appeler?
Vos promesses, Seigneur, et cet excès de gloire
Font que je n'oserais en douter, ni le croire.

ACHILLE
C'est me connaître mal que d'en pouvoir douter.
Vos traits n'ont plus besoin de me solliciter;
Le seul devoir le fait, je hais les coeurs frivoles
Mes principales lois sont mes simples paroles.
Vous vous dites esclave; et de qui? d'un amant.
C'est moi qui suis lié par les nœuds du serment.
Reposez-vous sur eux, attendez sans alarmes :
J'aurai devant les yeux ce serment et vos charmes.
Mon choix sera sans doute approuvé par Thétis;
Mais son amour pour moi, l'honneur d'être son fils,
Mes états, vos conseils, votre intérêt, Madame,
Arrêtent de mon coeur l'impatiente flamme.
J'ai voulu prévenir par un hymen secret
Un doute et des soupcons que je souffre à regret.
Vous avez refusé ces marques de mon zèle;
L'hymen vous est suspect sans pompe solennelle.
J'y consens : nous verrons vos parents et les miens;
Je reprendrai des Grecs vos états et vos biens;
Ce fer m'en est garant.

BRISÉIS
Ah! Seigneur, que la Grèce
 Possède en paix mes biens, qu'elle en soit la maîtresse
Je n'en estime qu'un; vous l'allez hasarder!
Vous disposez de vous sans me le demander!
Je vous plais sans états; qu'importe d'être reine?

ACHILLE
Vous l'êtes : plaire ainsi, c'est être souveraine.
La beauté, dont les traits même aux dieux sont si doux,
Est quelque chose encor de plus puissant que nous.
Tout vous doit assurer de ma persévérance;
N'allez point d'un hymen corrompre l'espérance.
Que si vous ne pouvez vous vaincre là-dessus,
Dès demain...

BRISÉIS
Non, Seigneur.

ACHILLE
Je ne vous presse plus
Attendons; mais tâchez au moins d'être tranquille.

BRISÉIS
Est-ce une chose, hélas! à nos coeurs si facile?

ACHILLE
Vous-même, vous voulez qu'on diffère ce jour.

BRISÉIS
Seigneur, ne cherchez point de raison dans l'amour.
J'en dis trop; cet aveu vous déplaira peut-être.
Mais quoi! j'ai beau rougir, mon cœur n'est plus le maître.
Ce que l'on sent pour vous ne se peut étouffer
Achille ne saurait à demi triompher.
Souffrez qu'après ces mots Briséis se retire.
Ne vous lassez-vous point de les entendre dire?
Ma rougeur me confond : je sors donc; aussi bien
Ulysse va venir, et je ne craindrais rien!

Patrocle entre.

Résistez à son art, opposez-lui ma flamme;
Opposez-lui, du moins, la fierté de votre âme.
Que vous importe-t-il qu'on venge Ménélas?
Songez à vos parents, à vos destins, hélas!
Aux miens qui les suivront.  J'ai pour tout artifice
Les pleurs que vous voyez : pourront-ils moins qu'Ulysse?
Employrai-je des traits moins sûrs de vous toucher?
Adieu, Seigneur; gardez un courroux qui m'est cher.

Scène IV : Achille, Patrocle.

ACHILLE
Quelque fierté qu'on ait, quelque serment qu'on fasse,
Patrocle, il faut aimer.  Tu me croyais de glace;
Achille te semblait devoir tout dédaigner :
Tu vois, ainsi qu'un autre il s'est laissé gagner.
J'aime, je suis touché, je fais gloire de l'être;
L'heure enfin est venue où, loin d'agir en maître,
En héros qui partout veut être le vainqueur,

ACHILLE

Je me rends, et connais les faiblesses d'un cœur.

PATROCLE
N'appelez point faiblesse un tribut légitime.
Vous, vous justifier! aimer donc est-ce un crime?
Seigneur, vous me semblez toujours fils de Thétis.
Loin les coeurs qui se sont de l'amour garantis!
S'il en est.  Quoi! les dieux vous serviront d'exemples !
La beauté dans l'Olympe aura trouvé des temples,
Et vous serez honteux de lui sacrifier!
C'est bien plutôt matière à se justifier.
Votre princesse a tout, je vois tout dans la mienne;
Et soit que de leurs traits mon esprit s'entretienne,
Soit qu'il regarde aussi leur amour, leur vertu
(Car l'un n'est point par l'autre en leurs coeurs  combattu),
J'en prise la conquête; une telle victoire
Ne rend point votre cœur infidèle à la gloire.

ACHILLE
Voici d'autres combats qui me sont apprêtés.
De quel air vient à nous le chef des députés!
Vois son port, ses regards.

PATROCLE
Tout parle dans Ulysse.
Ajax le suit.  Que l'un découvre d'artifice!
L'autre agit sans détours.

Scène V: Ulysse, Ajax, Achille.

ULYSSE
            Vous me voyez, Seigneur,
Plus encor comme ami que comme ambassadeur.
Vous souvient-il des lieux où, sous un mol ombrage,
On faisait, malgré vous, languir votre courage?
De nymphes entouré, vous perdiez vos beaux jours.
Thétis d'un vain danger laissait passer le cours.
Je vous vis; j'approchai sous un habit de femme
De l'amour des hauts faits je vous enflammai l'âme.
On vous y vit courir : ce fut par mon moyen.
Je ne viens point ici vous reprocher ce bien :
Je ne viens que vous rendre, avec dons, la princesse,
Au nom du fier Atride et de toute la Grèce.
Ne laisserez-vous point fléchir votre courroux?
Faut-il que nos transports durent autant que nous?
Jusqu'au départ, du moins, suspendez vos querelles.
Songez que d'actions mémorables et belles
Vous perdez; car chez vous vaincre et combattre est un.
Vous n'êtes pas de ceux qui n'ont qu'un sort commun
Contents pour le remplir d'une seule victoire,
Par le devoir, sans plus, ils marchent à la gloire.
Le monde attend de vous de plus puissants efforts.
Si vous ne voulez pas séjourner chez les morts,
Par de nouveaux dangers distinguez-vous des hommes.
Hector en a semé la carrière où nous sommes.
Nous ne les cherchons plus : ils nous viennent trouver.
Ilion, qui bornait ses voeux à se sauver,
S'est rendu l'attaquant : cette superbe ville
Prétend brûler nos nefs en présence d'Achille.
Vous verrez vos amis sur la terre étendus,
Les dieux troyens vainqueurs, les dieux grecs confondus,
Cette Troie à son tour plaignant notre misère.
Voilà, voilà, Seigneur, des sujets de colère.

ACHILLE
Vous n'êtes pas réduits encore à cet état.

ULYSSE
Et le faut-il attendre?  Est-il de potentat,
De simple Grec qui pût se plaire en sa patrie,
Voyant de notre nom la gloire ainsi flétrie?

ACHILLE
Si l'intérêt des Grecs est d'employer mon bras,
Pourquoi d'Agamemnon ne se plaignent-ils pas?
Quand ce chef a payé de mépris leurs services,
N'ai-je pas condamné tout haut ses injustices?
Princes, je ne sais point trahir mes sentiments
Rappelez dans vos coeurs ses mauvais traitements,
Vous verrez que chacun a sujet de se plaindre.
Endurez, j'y consens; rien ne doit vous contraindre
Je vous laisse venger le faible Ménélas.
En servant toutefois ces deux frères ingrats,
Est-il, princes, est-il de Grec qui se dût taire?
J'ai fait éclat pour tous, je veux encor le faire.

ULYSSE
Ah! ne rappelez point les déplaisirs passés.
Je veux qu'Agamemnon nous ait tous offensés;
Il faut n'y plus songer, et que notre mémoire
Se charge du seul soin d'acquérir de la gloire.

ACHILLE
Est-ce en le redoutant qu'on espère en trouver?
 La gloire est pour lui seul, il sait nous l'enlever.

ULYSSE
Évitons donc au moins la honte et l'infamie;
Empêchons, s'il se peut, que la Grèce ne die
 « Je suis mère féconde en enfants malheureux;
J'ai formé des héros, Troie a triomphé d'eux.
Réduite à les revoir sans lauriers en leurs villes,
Je ne souffrirai plus qu'ils quittent ces asiles,
Qu'ils laissent leur foyer, et cherchent aux combats
Un renom que les dieux ne leur accordent pas. »

AJAX
Je saurai m'excepter de cette obscure vie,
Et veux vaincre ou mourir aux champs de la Phrygie;
Moi vivant, un berger ne sera point chez soi
Tranquille possesseur de l'épouse d'un roi.
J'aurai des compagnons à punir cet outrage;
Vous verrez plus d'un chef tenir même langage.
D'un même esprit que tous, Seigneur, soyez porté.
Nous nous sommes ligués contre cette cité;
Si quelque Grec se plaint, qu'on remette la peine
A des temps où les dieux auront fait rendre Hélène.
Vous les aurez alors contre vos ennemis,
Et, si vous me mettez au rang de vos amis,
Si vous trouvez qu'Ajax ait assez de vaillance,
Moi-même je vous veux aider dans la vengeance
Aidez-nous dans ce siège, appuyez nos efforts.
Ces murs pris ou laissés, les miens et moi, pour lors
Nous vous servirons tous contre un prince coupable.

ACHILLE
Le fier Agamemnon n'est pas si redoutable
Mon bras y suffira, comme il a cru le sien
Capable de dompter sans moi le mur troyen.
Votre offre cependant, Seigneur, doit me confondre.

AJAX
Ce n'est pas encor là comme il faut nous répondre.
Nous verra-t-on venger un tel affront sans vous?

ACHILLE
Sans moi : qui touche-t-il qu'un malheureux époux?
L'union n'était pas si grande en nos provinces
Que nous dussions tous suivre en esclaves ces princes.

AJAX
En esclaves! nous, rois! dites en compagnons.
Tenons-nous de leur main les lieux où nous régnons?
Le sang d'Atrée a-t-il du pouvoir sur le nôtre?
Sommes-nous dépendants, vous ni moi, d'aucun autre?
Ulysse voudrait-il qu'on dît qu'étant forcé
Il a de ses pareils l'intérêt embrassé?
Non, sans doute.

ULYSSE
        Il fallait venger nos diadèmes.
L'affront fait à ces rois retombait sur nous-mêmes.
J'entrai dans leur parti de mon pur mouvement;
Rien ne m'y contraignit qu'un juste sentiment.
Cette même raison vous donna même envie :
Est-elle autre aujourd'hui que dix ans l'ont suivie?
Nous nous sommes enfin à poursuivre engagés
Laisserons-nous des murs si longtemps assiégés,
Des murs qui pour jamais aux princes de la Grèce
Seraient un monument de honte et de faiblesse?

AJAX
Après dix ans d'assauts, s'il nous les faut quitter,
Quels peuples ne viendront chez nous nous insulter?

ACHILLE
Quand j'ai lieu de me plaindre, on ne me convainc guères.
Ce que vous alléguez en faveur de ces frères,
L'un d'eux, à mon égard, le détruit aujourd'hui
Je veux bien vous payer de raisons et non lui.

ULYSSE
Seigneurs, laissons à part les disputes frivoles!
Et vous, fils de Thétis, écoutez mes paroles.
Vous croyez que ce chef pour unique raison
N'a que de réparer l'honneur de sa maison,
Qu'aussitôt contre vous il reprendra sa haine?
Vous en allez juger par ce qui nous amène.
Rempli des qualités qui vous font estimer,
Ce prince recommence encore à vous aimer.
Il ne tiendra qu'à vous d'unir vos deux familles
Nous vous offrons l'hymen de l'une de ses filles.
Toutes ont des appas : il vous promet le choix,
Et pour dot sept cités, dignes d'autant de rois;
Cardamyle, la moindre, abonde en pâturages.

ACHILLE
D'autres seraient flattés par de tels avantages;
Pour moi, je les méprise, et je ne veux le nom
D'ami, ni d'allié du fier Agamemnon.
Qu'il garde ses cités, ses présents, et sa fille;
On ne me verra point entrer dans sa famille;
Non, même s'il m'offrait sept empires divers,
Non, quand on m'offrirait en dot tout l'Univers.

AJAX
Vit-on jamais colère à la vôtre pareille?
ULYSSE
Pensez-y, croyez-nous; que la nuit vous conseille.

ACHILLE
Le conseil en est pris.

AJAX
L'est-il?  Nous vous laissons.

ULYSSE
Peut-être Briséis appuyra nos raisons,
Et, sur le coeur d'Achille étant toute-puissante,
Du respect de nos chefs sera reconnaissante.


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