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A Monsieur de Vendôme.


Prince, qui faites les délices
Et de l'armée et de la cour,
Du vieux soldat et des milices,
Et de toute la gent qu'assemble le tambour,
Le bruit de votre maladie
A fait trembler pour votre vie;
Il n'est pèlerinage où nous n'ayons songé.
Que si personne n'a bougé,
C'est que le monarque lui-même
Rassura d'abord les esprits;
Et ce qu'il dit vint à Paris
Avec une vitesse extrême.
Sans cela tout était perdu
Le poète avait l'air d'un rendu.
Comment! d'un rendu? D'un ermite,
D'un Santoron, d'un Santena ,
D'un déterré, bref, d'un qui n'a
Vu de longtemps plat ni marmite.
Il semblait, à me voir, que je fusse aux abois;
Fieubet, auprès de Gros-Bois,
Tient contenance moins contrite,
Non qu'il se soit du tout privé
Des commodités de la vie;
Même on dit qu'il s'est réservé
Sa cuisine et son écurie,
Des gens pour le servir, le nécessaire enfin;
Un peu d'agréable; et lui fin.
Cet exemple est fort bon à suivre;
J'en sais un meilleur : c'est de vivre.
Car est-ce vivre, à votre avis,
Que de fuir toutes compagnies,
Plaisants repas, menus devis,
Bon vin, chansonnettes jolies,
En un mot, n'avoir goût à rien?
Dites que non, vous direz bien.
Je veux de plus qu'on se comporte
Sans faire mal à son prochain;
Qu'on quitte aussi tout mauvais trait.
Je ne l'entends que de la sorte.
Tant que Votre Altesse, Seigneur,
Et celle encor du Grand Prieur,
Aurez une santé parfaite,
Je renonce à toute retraite.
Mais, dès qu'il vous arrivera
Le moindre mal, on me verra
Vite à Saint-Germain de la Truite
Frère servant d'un autre ermite,
Qui sera l'abbé de Chaulieu :
Sur ce, je vous commande à Dieu.
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ancre







W.Aractingi