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Inscriptions pour la Galerie Historique des Victoires de Louis XIV


Inscriptions écrites par La Fontaine à la demande de M. Du Fresnoy qui faisait construire, dans son château, une sorte de galerie hsitorique dans laquelle trôneraient, entre autres, des tableaux représentant les plus grandes victoires militaires de Louis XIV. Ces inscrriptions datent de 1694.



INSCRIPTION POUR L'ENTRÉE DE LA GALERIE Loin du tumulte de la Cour, C'est ainsi que nos coeurs vénèrent le monarque; Voici le temple où chaque jour Il a de notre zèle une nouvelle marque Ses hauts faits y seront respectés par la Parque, Si la Parque a jamais épargné quelques lieux. O vous dont ses exploits ont attiré les yeux, Admirez-en la suite. Elle doit vous apprendre Que dans chaque dessein Louis fait éclater De la prudence à l'entreprendre, De la force à l'exécuter.

PRISE DE TOURNAI, LE 24 JUIN 1667 Tributaire des lis, je reçus autrefois Clovis en son berceau, Childéric en sa tombe, J'étais ville des Francs : je le suis des François. Un vainqueur, sous qui tout succombe, Sut à ce premier joug ranger ma liberté. Ce qu'on crut mon malheur fait ma félicité; Aux efforts de Louis je dus d'abord me rendre. Ce prince sur Clovis l'emporte en piété, En grandeur il passe Alexandre.

PRISE DE DOUAI Douai, ville à Pallas si chère, Soit que Pallas se considère Un armet à la tête, ou l'aiguille à la main, Douai, la fille de Louvain, Bénit le conquérant dont le bras l'a soumise. Elle n'a jamais cru la révolte permise, Ni suivi des Flamands les coeurs séditieux. Cette ardeur si fidèle à Louis est acquise Car quel roi la mérite mieux?

PRISE DE LILLE, LE 28 AOUT 1667 Lille, cette cité qui vaut une province, Par l'effort de Louis notre grandeur accroît. Qu'en coûte la conquête aux armes de ce prince? Dix jours. Qui le croira? Celui qui le connoit. CONQUÊTES DU ROI EN HOLLANDE, 1672 Triompher en courant d'un climat invincible, Pénétrer un pays que de leurs propres mains La nature avec l'art rendaient inaccessible Aux entreprises des humains; Passer le Rhin, l'Issel, et lasser la victoire, Faire à plus de cent forts son tonnerre éprouver C'est ce qui de cent rois pourrait remplir l'histoire En trois mois cependant un seul sut l'achever.

PRISE DE MAESTRICHT Louis sait commander : c'est le métier des rois, C'est celui que font les dieux même; Les héros par cet art faisaient joindre autrefois Les honneurs de l'Olympe à ceux du diadème. Notre prince le porte en un degré suprême : Contemplez de quel air il sait aux champs de Mars, Comme au trône, exercer le plus noble des arts. Maestricht en est témoin : cette ville fameuse Change bientôt de souverain; Peu de temps la réduit, douze jours... et la Meuse En faveur de Louis suit l'exemple du Rhin.

PRISE DE BESANÇON Je louerais Besançon, mais César l'a dépeint. On sait que dans les airs son rocher va s'étendre. Quoique voisin du ciel, nos armes l'ont contraint Après huit veilles à se rendre. Tout concourait pour le défendre Le nom de ses guerriers, l'aspect de ses remparts; Ibères et Germains, venus de toutes parts, Voyaient entrer pour lui l'hiver même en leurs ligues. Huit retours de l'aurore ont décidé son sort. Louis est un torrent, dont les plus fortes digues Ne sauraient arrêter l'effort.

PRISE DE DOLE Besançon fut suivi de Dole, et ces projets Entassèrent bientôt conquête sur conquête. Louis mène une troupe aux combats toujours prête; En autant de héros il change ses sujets. Rien ne résiste aux mains conduites par sa tête. Qu'on soit ministre ou chef, qu'on soit sage ou vaillant, Il connaît de chacun le zèle et le talent. Sous ses ordres, Louvois, d'une peine assidue, Par l'exemple du prince au travail animé, Suffit seul à cent soins d'une immense étendue Quel génie! Il est vrai que Louis l'a formé.

PRISE DE LIMBOURG, 20 JUIN 1675 Rien ne sauva Limbourg : les forces de l'Empire, Le Batave, l'Ibère, enfin le monde entier. Condé formait le siège, instruit en ce métier Mars et lui ne font qu'un, c'est ce que l'on peut dire. Louis couvrait son camp, et le favorisait; Aux secours assemblés ce prince s'opposait. Où sont ces Ilions qui coûtaient dix années? Limbourg, après dix jours, tomba sous notre fer. Eût-il pu retarder l'arrêt des destinées Et la foudre de Jupiter?

PRISE DE BOUCHAIN, 12 MAI 1676 Bouchain servait de clef à deux superbes villes; Sa prise les rendait à dompter plus faciles Ni Valenciennes ni Cambrai N'eussent tombé si tôt sans ce premier essai. Philippe l'entreprend; Bouchain voit une armée Sous l'un et l'autre frère à vaincre accoutumée. Orange accourt en vain : Bouchain cède à Louis; Tenant presque en ses mains une double victoire, L'ennemi se retire, envieux de la gloire Dont ce prince eût comblé tant de faits inouïs.

PRISE DE VALENCIENNES, MARS 1677 Valenciennes était l'écueil de nos guerriers; Elle avait arrêté le cours de nos lauriers. Ses enfants rappelaient de tristes funérailles, Nous montrant nos tombeaux creusés sous leurs murailles. Que les temps sont divers! Il n'est que notre roi Qui se puisse vanter d'avoir toujours pour soi La faveur du dieu des batailles; Bientôt cette cité fut soumise à ses lois. Nous pouvions nous venger des pertes d'autrefois Le soldat renonça de lui-même au pillage, Il eut horreur d'un droit acquis à son courage. Ce miracle n'est dû qu'au plus clément des rois.

PRISE DE CAMBRAI Cambrai portait son nom aux terres inconnues; Ses plus fiers ennemis n'osaient en approcher; Ils passaient, et ce lieu, plus ferme qu'un rocher, Gardait un air tranquille et menaçait les nues. Qu'ont servi ses châteaux, ni leurs cimes chenues? Ce rempart s'est soumis : c'était le seul recours Que l'Ibère opposât au cours D'un torrent qui sans doute eût emporté le reste. La paix a suspendu ces rapides efforts : Flandre, ton sort dépend d'un conquérant modeste, Et non des ligues et des forts.

PRISE DE SAINT-OMER Cambrai résistait encore Saint-Omer voit, de ses tours, Le défenseur qu'il implore Accourir à son secours. On se bat; le sort chancelle Philippe enfin est vainqueur. Louis laisse agir son zèle, Et sa conduite et son coeur. Saint-Omer se rend ensuite, Et, par tant d'exploits divers, On crut la Flandre réduite, Et l'Europe et l'Univers.

PRISE DE GAND Qui ne sait des Gantois les dures destinées, La colère de Charle indigné justement, Et de ces villes mutinées Le sévère et long châtiment? Ce sont événements trop marqués dans l'histoire; Ils ne le sont pas moins dans le coeur des Gantois; Et l'Espagne avait lieu de croire Que Gand ferait des voeux en faveur des François. Ce n'est point ce qui fit incliner la balance; Le Ciel n'entend les voeux des mutins qu'à regret. Louis força ces murs, mais par sa vigilance, Par sa valeur, par le secret.

PRISE D'YPRES La jalousie aux yeux incessamment ouverts Fut toujours attentive au progrès de nos armes. Près d'Ypres menacée, on vit les champs couverts D'escadrons accourus sur le bruit des alarmes. L'Anglais avec fierté, l'Espagnol avec larmes, Représentaient à l'Univers Que de l'Europe et des deux mers Notre prince voulait régler seul la fortune; Qu'Ypres prise, la Flandre entière allait tomber. Ypres, malgré leur plainte aux peuples importune, Ne laise pas de succomber.

LA PAIX DE NIMÈGUE Louis maintient la paix qu'il rappelle ici-bas. Alexandre soupire au sein de la victoire; Rien ne remplit son coeur que l'amour des combats Malheureux de n'aimer qu'une sorte de gloire, Il fut grand, il ne fut sage ni modéré; Louis l'est. O toi, chef dont la Grèce se vante, Et vous, dont Rome a vu le mérite adoré, Mânes des deux Césars, Louis vous représente. En ce monarque seul on peut tous trois vous voir; Arbitre de l'Europe, il en fait le partage. Il sait vaincre, régner, maintenir son ouvrage Le détruise qui donc en aura le pouvoir!
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W.Aractingi