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A Monsieur Galien en lui rendant ses poésies enveloppées d'une armoirie d'enterrement.


J'ai lu tes vers, dont je n'eus cure
Dès que j'en vis la couverture
C'était un drap de sépulture
Qui me semblait de triste augure.
Aussitôt je fis conjecture
Que ces vers seraient la pâture
De ceux qui sous la tombe dure
N'épargnent nulle créature;
Mais quand j'en eus fait la lecture,
Il me fut force de conclure
Que cette plaisante écriture
Fait rire les gens sans mesure.
Que si ta belle humeur te dure,
Tu feras descendre Voiture
Du Pégase à la corne dure
Et ne saurais à la Couture
Trouver de plus fine monture.
Mais prends garde, je te conjure,
Qu'il ne t'affole la fressure
Ou fasse au chef une blessure
Qui soit de difficile cure :
Car il est gai de sa nature,
Fringant, délicat d'embouchure,
Et ce n'est pas chose trop sûre
Que d'y monter à l'aventure.
Si tu le domptes, je t'assure
Qu'un jour chez la race future
Tu seras en bonne posture;
Mais diable, c'est là l'enclouure.
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W.Aractingi