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Ballade sur le siège et la bataille des Augustins, le vendredi 23 Août 1658, sur le refus que firent les Augustins de prêter leur interrogatoire devant Messieurs en 1658.


Cette ballade, qui fit les beaux jours du Paris de l'époque, fut écrite un jour où, La Fontaine, passant par le quai des Grands Augustins, assista à une réelle bataille entre les archers du Parlements et les moines du couvent de Grands Augustins. Ceux-ci avaient été mandés de refaire, à l'extérieur, une élection qu'ils avaient faite dans l'enceinte du couvent. Devant leur refus, le Parlement envoya les archers. Les moines se défendirent comme ils purent (à coups de cailloux). Ils furent battus et deux d'entre eux furent tués. Cette bataille rangée entre moines et archers du parlement fit bien rire les gens de l'époque, sauf les pauvres moines qui allèrent réfléchir un mois dans les geôles de Mazarin avant de retourner docilement refaire leur élection!!!


Aux Augustins, sans alarmer la ville,
On fut hier soir; mais le cas n'alla bien
L'huissier, voyant de cailloux une pile,
Crut qu'ils n'étaient mis là pour aucun bien.
Très sage fut; car, avec doux maintien,
Il dit : « Ouvrez; faut-il tant vous requerre?
Qu'est-ce ceci? Sommes-nous à la guerre?
Messieurs sont seuls, ouvrez et croyez-moi.
- Messieurs, dit l'autre, en ce lieu n'ont que querre.
Les Augustins sont serviteurs du Roi.

- Dea, répond l'un de Messieurs fort habile,
Conseiller clerc, et surtout bon chrétien,
Vous êtes troupe en ce monde inutile,
Le tronc vous perd depuis ne sais combien;
Vous vous battez, faisant un bruit de chien.
D'où vient cela? Parlez, qu'on ne vous serre.
Car, que soyez de Paris ou d'Auxerre,
Il faut subir cette commune loi;
Et, n'en déplaise aux suppôts de saint Pierre,
Les Augustins sont serviteurs du Roi. »

Lors un d'entre eux (que ce soit Pierre ou Gille,
Il ne m'en chaut, car le nom n'y fait rien)
« Vraiment, dit-il, voilà bel évangile!
C'est bien à vous de régler notre bien.
Que le tronc serve à l'autel de soutien,
Ou qu'on le vide afin d'emplir le verre,
Le Parlement n'a droit de s'en enquerre;
Et je maintiens comme ai ticle de foi
Qu'en débridant matines à grand'erre
Les Augustins sont serviteurs du Roi. »

ENVOI

Sage héros, ainsi dit frère Pierre.
La cour lui taille un beau pourpoint de pierre;
Et dedans peu me semble que je voi
Que, sur la mer ainsi que sur la terre,
Les Augustins sont serviteurs du Roi.
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W.Aractingi