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Ballade pour Monseigneur


Or est venu dedans notre Univers
Cet héritier d'un assez bel empire,
Cet enfant cher à cent peuples divers,
Cher au héros par lequel il respire,
Cher à Louis : et cela, c'est tout dire,
C'en est assez pour obliger les dieux
A conserver des jours si précieux,
Jours où leur main tous ses trésors enserre.
Depuis qu'on voit la lumière des cieux,
Plus beau présent ne s'est fait à la terre.

Notre Apollon, dans ses divins concerts,
Chante déjà cet enfant sur sa lyre.
Je vois pour lui méditer tant de vers
Qu'impossible est aux neuf Soeurs d'y suffire.
Bien que ma Muse aux grands efforts n'aspire,
Je m'écrîrai d'un ton audacieux :
Par cet enfant, de gloire ambitieux,
Aux bords lointains puisse passer la guerre!
Puisse la paix s'affermir en ces lieux!
Plus riches dons ne se font sur la terre.

Il nous promet des printemps sans hivers,
Point d'Aquilons, un éternel Zéphire;
Bien peu de coeurs éviteront ses fers :
C'est ce qu'un sage aux astres m'a fait lire.
Amour l'appelle avec un doux sourire;
Bellone aussi le rendra glorieux
Louis sera, d'un soin laborieux,
Son maître en l'art de lancer le tonnerre;
Il en tiendra cet air impérieux :
Plus beau talent ne règne sur la terre.

ENVOI A MADAME LA DAUPHINE

Princesse aimable et d'esprit gracieux,
Regardez bien ce qui s'est fait de mieux
Depuis qu'Hymen des noeuds d'amour nous serre;
Sur cet enfant ayez toujours les yeux :
Plus digne soin n'est pour vous sur la terre.
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W.Aractingi