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Un ours en terre cuite


Jeanne, une amie de longue date maintenant, (hein Jeanne??) est une fan de La Fontaine. Elle a aussi des talents de sculpteuse et s'est mise, il y a quelque temps, à travailler sur la Fable «L'Ours et l'Amateur des jardins». Vous savez, c'est la fable où l'ours et l'homme sont amis et où l'ours, extrémement prévenant et au service de son compagnon humain, le sauve d'une mouche en lui lançant un énorme pavé au visage... Eh bien, vous allez faire connaissance avec l'ours à qui Jeanne, après l'avoir rêvé depuis longtemps, a fini par donner vie. Merci à elle d'avoir envoyé ces photos de cette belle sculpture.

Une dernière chose, ne vous privez pas de cliquer sur les miniatures d'images pour les voir en pleine page.

Je la laisse expliquer son travail et la façon dont elle a imaginé, puis exécuté son oeuvre. Son adresse E Mail se trouve au bas de cette page. Envoyez lui vos impressions, elle sera ravie.

J'aime beaucoup cette fable terrible, drôle et émouvante, qui commence par le hasard et se termine par un accident mortel c'est un grand thème de La Fontaine, celui de l'amitié tragique, de la mauvaise rencontre, du rapprochement souhaité et impossible entre deux êtres de nature différente. Ici pas de malice, de ruse ni de grands discours, juste la grande loi de la Nature tôt ou tard, le plus fort brise le plus faible.L'ours au pavé me paraissait très sculptural, car il s'agissait de faire une figure qui soit lui-même une sorte de gros pavé de bons sentiments, de gentillesse et de bêtise dangereuse. Cette "pierre dans la pierre" me paraissait intéressante. Ce qui m'attirait aussi était l'idée d'un mouvement "raide", comme un mauvais danseur. J'imaginais une masse compacte et pourtant ambiguë, sur laquelle le spectateur peut s'interroger.

Le travail fut long et difficile ! La chose est passée par toutes sortes de phases au début l'ours ressemblait un peu au discobole ou à un lutteur de sumo, et il était presque accroupi. Il tenait le pavé au-dessus de sa tête, ce qui mettait trop l'accent sur l'anecdote à mon goût. je voulais que l'on sente cette force muette qui déborde de l'ours, et dont la pierre, près de tomber, n'est que le prolongement, le résumé primitif en quelque sorte.Redressé, il a pris un aspect plus monumental, plus anthropomorphe, et plus fier aussi. On voyait mieux son regard, important, car dirigé vers le dormeur et indiquant une intention en contradiction avec son geste... Etant donné la masse en avant (et l'inertie de la terre), j'ai eu un mal fou à le faire tenir debout, et il est tombé plusieurs fois !

Cependant cet équilibre instable m'intéressait, car un ours ne se relève que de manière très passagère, et cela correspond bien à la "chute" qui se prépare. Et du point de vue de la sculpture, il est toujours intéressant d'avoir le maximum de volume en haut, et le minimum de points d'appui au sol. J'ai traité la matière sans la lisser et travaillé entièrement avec les doigts, pour garder le côté rugueux, brut, du corps. L'ours est l'une des bêtes qui évoque le plus l'homme.J'ai attaché une importance particulière à sa tête je voulais qu'elle soit sympathique, qu'elle exprime un mélange de tristesse compatissante, une volonté particulière, le plaisir de celui qui croit accomplir une bonne action, alors qu'il ne fait qu'agir selon sa nature. Qu'elle rappelle l'image du "nounours" mais aussi toute la sauvagerie irréductible de la bête. Idéalement, j'aimerais qu'elle donne envie de se rapprocher puis presque dans le même mouvement de s'écarter, invitation à la prudence !
Bon, maintenant, j'avoue que le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur de mes ambitions ! C'est une terre cuite, que j'ai patinée couleur bronze, sombre pour le côté sauvage, avec des touches de jaune et du vert poudrées sur la surface pour le côté "jardin"...

PS. JMB (très cher ami du web !) m'a gentiment proposé d'accueillir mon ours dans son jardin et nous en sommes tous deux très honorés. Comme cet bestiole est encore plus taciturne que celle de la fable, Jean-Marc m'a demandé de causer à sa place, d'expliquer pourquoi et comment j'avais eu envie d'en faire une petite sculpture. Je lui ai donc envoyé ces réflexions... qui à la réflexion me paraissent bien inutiles !

J'aurais plaisir à lire vos commentaires !

Jeanne

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