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les sacrés paons


Une bande de paons règne depuis toujours
en vivant aux dépens d'une bien basse-cour.
Leur accession au trône donne lieu à parade.
Quand tous les cinq ans sonnent revient la mascarade.
Ces paons sont persuadés d'être indispensables
et escomptent bien garder pour eux le bac à sable.
«Car quoi ? Chacun sa place, c'est une question de classe !
On ne se mélange pas à la volaille d'en bas. »
Notre clique de paons est en effervescence
car arrive prochainement, du trône, l'échéance.
Le maître du troupeau, un petit roitelet
ré-haussé aux ergots et coiffé d'un plumet
braille le cri de prélude du fastueux cortège
où leurs similitudes se voient blanches comme neige.
Malgré les tons divers qu'arbore leur plumage,
du brun au plus beau vert, l'important c'est l'image.
Parmi les poules en liesse, on dirait qu'un poussin,
le cœur emplit d'hardiesse va causer au gratin :
« Paons qui nous gouvernés, sans jamais nous connaître,
vous targuant de berner ceux qui vous ont fait maîtres,
vous vous êtes sans vergogne érigés en seigneurs
nous forçant à besogne, sueur et dur labeur.
Vous nous saignez à blanc et ponctionnez nos œufs.
Pire ! Vous faites semblant de plaider notre cause.
Paradez, paradez tant qu'il est encore l'heure
car l'on entend scander chez mes sœurs une clameur. »
Comme il est de coutume, aucun paon ne fait cas
d'une vulgaire bête à plumes qui s'adresse donc à
ceux dont les coloris varient du rouge au vert :
« Oyez ma plaidoirie si vous êtes ouverts
car vous êtes encore de nous moins éloignés
que les brunes pécores aux couleurs peu soignées.
Vous êtes divisés et nous parlez d'union
vous êtes la risée de toutes les élections.
A quoi vous sert l'échec ? Vous n'en tirez leçon !
Exceptés prises de bec, ce n'est pas des façons.
Si je m'adresse à vous, c'est qu'en fin fond de cour
des mystères s'ouvrent à nous : l'on sait que les vautours
se parent de plumes de paons. Vous êtes les derniers
mais vous êtes rampant et ne pouvez régner.
Faut-il qu'un oisillon vous fasse prendre conscience
que dans la division, vous n'avez aucune chance ?
En agissant ainsi vous laissez les vautours
(les roses en sont aussi) pourrir notre basse-cour.
Si vous n'avez pour but que celui de paraître
qu'il soit bien entendu : ma voix va disparaître.
La force est dans l'union. Alors dès à présent,
aux prochaines élections, ne présentez qu'un paon.
J'ai dit ! Donc agissez et soyez responsables
il n'y a au poulailler pas que le bac à sable... »

Le Pistil

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